Cancer Colorectal Metastatique: Bévacizumab-capécitabine en entretien après chimiothérapie d’induction : l’étude CAIRO3 montre un bénéfice en survie globale

L’étude néerlandaise de phase III CAIRO3 comparait une pause de chimiothérapie (bras A) à un traitement d’entretien par capécitabine + bévacizumab (bras B) après un traitement d’induction par 6 cycles de capécitabine-oxaliplatine (CAPOX) + bévacizumab en première ligne de traitement du cancer colorectal métastatique (CCRM).

Les patients étaient randomisés s’ils étaient non progressifs, sans toxicité limitante pour l’oxaliplatine et en bon état général (OMS 0-1) après le traitement d’induction.

Le CAPOX-bévacizumab était réintroduit à progression. La première survie sans progression (SSP1) était définie par la première progression après la randomisation et la SSP2 par la progression après la réintroduction du CAPOX-bévacizumab.
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En cas de non-réintroduction du CAPOX-bévacizumab, la SSP2 était assimilée à la SSP1. Le critère principal de jugement de l’étude était la SSP2. L’effectif avait été calculé pour détecter un ratio de risque (HR) de 0, 78 correspondant à une augmentation de la SSP2 de 9 à 11,5 mois dans le bras traitement continu.

Les critères secondaires étaient la survie globale et le temps jusqu’à seconde progression (TTP2) défini comme le temps jusqu’à progression où décès après la première progression quel que soit le traitement introduit.

L’étude a inclus 558 patients. Les 2 bras étaient équilibrés, sauf pour l’intervalle entre le diagnostic de la tumeur primitive et la randomisation (19 mois dans le bras A et 14 mois dans le bras B) et la proportion de patients avec métastases synchrones (67 % dans le bras A et 76 % dans le bras B).

La  SSP1 médiane était de 4,1 mois dans le bras A versus 8,5 mois dans le bras B (HR = 0,44 ; IC95 : 0,36-0,53 ; p < 0,00001). Après la première progression, 76 % des patients ont reçu le traitement protocolaire par CAPOX + bévacizumab dans le bras A et 47 % dans le bras B. La SSP2 médiane était de 10,5 versus 11,8 mois (HR = 0,81 ; IC95 : 0,67-0,98 ; p = 0,028). Le TTP2 était de 15,0 mois dans le bras A versus 19,8 mois dans le bras B (HR = 0,67 ; IC95 : 0,55-0,81 ; p < 0,00001) et la survie globale médiane était de 18,2 versus 21,7 mois (+ 3,5 mois) dans le bras B (HR = 0,87 ; IC95 : 0,71-1,06 ; p = 0,156). Ce dernier résultat devenait significatif lorsque le HR était ajusté sur les paramètres déséquilibrés à la randomisation (HR = 0,80 ; p = 0,035). Si la toxicité était logiquement plus élevée dans le bras B pendant la période protocolaire, elle était en règle peu sévère. Les données de qualité de vie n’ont pas été présentées.

Le traitement de maintenance par capécitabine-bévacizumab après induction par CAPOX – bévacizumab permet d’améliorer la SSP1, la SSP2, le délai jusqu’à deuxième progression et la survie globale après ajustement du HR.

Cette étude est donc positive sur le critère de jugement principal.

Toutefois, certaines questions restent en suspens. La durée du traitement d’induction doit-elle être de seulement 4 mois comme dans cette étude, ou de 6 mois comme suggéré par l’étude OPTIMOX-2 ?

De plus, le bénéfice du traitement d’entretien est-il dû au bévacizumab, à la capécitabine ou aux deux ?

Enfin, comment intégrer à ces résultats les souhaits des patients, les facteurs pronostiques de non-progression (plaquettes, ACE, etc.) qui pourraient permettre à certains  patients des toxicités et des séjours hospitaliers grâce à des pauses thérapeutiques complètes ?

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